B831930fe606200c41716e4a52d394e55556cd16
95409483ed0edc7d6858877ff3bd88e0fb4dd054
Adeec25831ac96f35f65c1dce7b401365b1c9316
Fd25ff1338128437fc3c95fd7b73640dd1655742
Fermer
cinéma

L'inconnu du lac

95e3ce6bd92b6b9a297dc788ebbc666a0a19fd9f

Au bord d'un lac qui voit la communauté homosexuelle se retrouver pour des rencontres plus ou moins durables, Franck découvre Michel en même temps qu'il rencontre Henri. Le second est grassouillet, affable et de bonne compagnie tandis que le premier est racé, irrésistible et d'une présence rare. Franck se lie d'amitié avec Henri et tombe follement amoureux de Michel. Un soir, toutefois, Franck voit Michel noyer un homme. Troublé et inquiet par ce qu'il vient de voir, il décide pourtant de ne rien dire...

On aurait tort de résumer L'inconnu du lac à l'homosexualité de ses personnages. S'il traite frontalement le sujet, c'est avant tout un regard sur le désir et la volonté moderne d'un consommation quasi-immédiate qui forme le cœur du film de Guiraudie. Intelligemment réduit à quelques cadrages significatifs et à une caméra qui embrasse aussi bien la beauté des paysages que les corps, le dispositif cinématographique sert de tremplin à un questionnement sur une frénésie de plaisir à moindre coût. Frénésie qui finit par devenir dangereuse... Au-delà de la parabole sociologique, le film bascule lentement dans un suspense subtilement conduit et qui donne à l'ensemble une dimension encore plus riche au fil d'une narration juste rythmée par le passage des jours et l'arrivée des voitures sur le parking. Sous l'oeil d'Alain Guiraudie, c'est presque un seul personnage qui prend forme au fil du récit, dont chacun des comédiens serait une facette. Eros et Thanatos se croisent au bord de cette plage que Guiraudie filme superbement. Ballet malin et diablement pertinent, le film s'empare de questionnements contemporains pour les dépasser au profit d'un récit plus classique dans sa construction mais néanmoins puissant. Comme souvent, on aurait tort de résumer cet inconnu à son apparence.
 

Publié le 12/06/2013 Auteur : Guillaume B.


Mots clés : cinéma