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cinéma

Case départ

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Joël et Régis, demi-frères séparés depuis l'enfance se retrouvent aux Antilles au chevet de leur père mourant. Le premier, chômeur, juste sorti de prison pour avoir volé son sac à une vieille dame accuse tout le monde de racisme et se sert de sa couleur comme d'une excuse pour ne pas travailler ou ne pas payer son ticket de bus. Le second, comptable et conseiller municipal renie totalement ses origines et son histoire, prêt à tout qu'il est pour s'intégrer. En mourant, leur père ne leur laisse qu'un acte d'affranchissement remontant au XVIIIème siècle et par lequel leurs ancêtres sont devenus libres. Déchirant négligemment ce 'bout de papier', les deux loustics se voient projetés en 1780 où ils finissent vite par être réduits en esclavage.

Jouant forcément et évidemment sur le comique anachronique de la situation qu'ils interprètent et mettent en scène, Thomas Ngijol et Fabrice Eboué se servent cependant du décalage temporel pour aborder des questions très contemporaines. Derrière la pochade pointe une réflexion et une critique sociale loin d'être inintéressantes, reste que la réalisation a parfois du mal à suivre le propos et que si on sent les deux auteurs-réalisateurs-comédiens très à l'aise dans le rire, la chose se fait moins évidente quand il faut mettre le doigt sur des questions plus délicates (l'insertion, le racisme ordinaire, la recherche du meilleur chemin vers l'intégration...). L'effet carte postale d'une reconstitution qui se veut plus une toile de fond qu'un support réaliste fonctionne à plein et sert bien le décalage comique. La plus grande réussite de cette parabole en forme de gauloiserie, c'est peut-être de ne montrer aucune complaisance envers ses deux personnages principaux, dont les travers et les petitesses alimentent aussi la réflexion.

Publié le 05/07/2011 Auteur : Guillaume B.


Mots clés : cinéma