jeunesse

Saison 20/21 : le Grand Bleu n'a pas le blues

3167056b639d94d06e26548acb7de753d7df0524
Interrompue à l'aube du festival Youth is Great, la programmation du Grand Bleu reprendra dès septembre, au rythme des exigences sanitaires, avec toujours les mêmes envies : accompagner, créer, partager et inventer.

Difficile exercice que celui de bâtir une programmation entre incertitudes, volonté de faire une place aux artistes que le public n'a pas pu découvrir au printemps et engagements préexistants, pourtant Grégory Vandaële et l'équipe du Grand Bleu ont mené ce numéro d'équilibriste avec une jolie pertinence, tissant une saison riches de fidélités renouvelées, d'ouvertures assumées et de projets partagés au fil d'une exigence renouvelée pour des propositions contemporaines en prise directe avec la jeunesse. Après une traditionnelle journée portes ouvertes en septembre c'es Sylvain Groud qui crée fin septembre 4m2, une relecture labyrinthique et chorégraphique covid-compatible pour découvrir des danseurs dans des espaces de danse isolés notamment inspirés par l'expérience du confinement. En octobre, associée à la maison lilloise, Séverine Coulon donne à voir La vie animée de Nina W. et ressuscite la discrète pionnière de l'animation Nina Wolmark. Quelques jours plus tars, la compagnie Les anges au plafond donne son convivial bal marionnettique partagé, novembre voit revenir les complices de longue date de la Cie Tourneboulé avec Je brûle (d'être toi) et le Daydream de Nicolas Fabas - construit après la collecte de mots de jeunes adultes et invité dans le cadre l'édition annulée de Youth is great - est reprogrammé au début du mois. En décembre, avec le Grand Sud Fiq ! du Groupe Acrobatique de Tanger renouvelle avec énergie le cirque acrobatique et les complices Tony Melvil et Usmar reviennent avec Manque à l'appel.

Janvier 2021 s'avère riche en créations avec tour à tour Enfants sauvages de Cédric Orain puis The Great Disaster de Thomas Piasecki et la Spoutnik Theater Cie et enfin Jusqu'au bout de Luc Tartar avec Eric Jean et le théâtre Bluff : entre regard sur l'enfance sauvage, relecture du naufrage du Titanic et questions autour de l'engagement. En février, la Cie Hej Hej Tak mêle les disciplines dans Boucan ! pour les tous jeunes spectateurs et en mars, La cicatrice de la Cie Salut Martine puis Au-dessus de vos têtes de la Cie l'Impatiente questionnent l'adolescence autour respectivement de la différence vécue par un adolescent et de l'urgence de vivre... En avril, Youth is great revient pour de bon et c'est Damien Bouvet et la Cie Voix Off qui ferment la saison avec L'ange pas sage entre clown et théâtre d'objets. Tout au long de l'année, même bouleversé par les conditions sanitaires, l'indispensable travail souterrain des ateliers continue également, tout comme l'accueil d'artistes en recherche et le Grand Bleu renouvelle son inscription dans les rendez-vous collectifs : du festival Next en novembre aux Petits Pas en décembre aux Toiles dans la ville en fin de saison. Chamboulée mais pas réduite, la saison 20-21 entend encore faire résonner vers le public jeune (et moins jeunes) la voix de la jeunesse avec finesse et ce qu'il faut de poil à gratter dans dans les formes que sur le fond.

Publié le 21/07/2020 Auteur : Guillaume B.

Le Grand Bleu

36 avenue Marx Dormoy à Lille

www.legrandbleu.com

Tél.03.20.09.88.44