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théâtre

Horizons d'art

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Jamais avare d'inventivité, le festival Latitudes Contemporaines défend émergences et engagements dans un périple pluridisciplinaire engagé et pétri d'émergences et d'urgences. Tout cela au gré de propositions portées et défendues par des artistes de talent.

Nées autour de la danse, les Latitudes contemporaines n'ont pas tardé à en dépasser les frontières. Une vocation que l'édition de 2024 continue de défendre au gré d'une programmation qui a pour seules boussoles l'éclectisme, la curiosité et la découverte. De l'Afrique du Sud de Mamela Nyamza à la Côte d'Ivoire de Nadia Beugré, de la Palestine du duo Samaa Wakim/Samar Haddad King à l'Afghanistan de Kubra Khademi, de la Belgique de Lisa Vereertbrugghen ou Bruno Freire au Portugal de Diana Niepce, l'édition de l'année invite le monde pour continuer à en interroger les soubresauts sur les plateaux de la maison Folie de Wazemmes (cœur du festival depuis ses débuts) ou du Grand Sud à Lille, comme au Théâtre de l'Oiseau-Mouche et à la Condition Publique à Roubaix. L'Aéronef se joint aussi à la fête pour une clôture entre danse (le plaisir du mouvement collectif dans While we are here) et le set de Von Bikräv.

Cette année, c'est Nadia Ghadanfar qui a oeuvré avec les jeunes accompagnées de l'ALEFPA pour donner naissance à Il y a toujours un enfant oublié quelque part, courte création entre exil et séparation qui ouvre le périple de l'année, en même temps que le Œ de Pierre Pontvianne qui tente de saisir un souvenir dans les pas de sept danseurs. Le festival pose ensuite ses valises à la Gare Saint-Sauveur le temps d'un week-end pour naviguer entre roller party et dj sets avant de faire une place à Laboratoire Poison, saisissant périple théâtral et documentaire sur les résistances à travers l'histoire (porté par Adeline Rosenstein/maison Ravage) puis Cavaliers impurs, cabaret burlesque, queer et impertinent du duo Latifa Laâbissi/Antonia Baehr. Yasmine Yathiatène dans un seul-en-scène percutant (La fracture), la danse intense et puissante de Léa Dubois (Le goût du drame), l'original Sparks de Francesca Grilli, la conférence dansée de Bruno Freire (La vie n'est pas utile (ou c'est comme ça)), la fulgurance du Mirlitons de François Chaignaud (vétéran du festival) et Aymeric Hainaux, la reprise du Hatched Ensemble de Mamela Nyamza, les portraits de Filles-Pétroles de Nadia Beugré, le Walk of Honour de Kubra Khademi, l'émouvant autoportrait de Diana Niepce (Anda, Diana), La Grotte dernière création de Pol Pi, la force du Black lights de Mathilde Monnier ou l'énergie du Live de Stéphanie Aflalo dessinent une édition engagée, avide de rencontres et riche de sa diversité. Dans un mélange minutieux entre artistes repérés et prometteurs, les chemins explorés par la programmation de Maria-Carmela Mini racontent un spectacle vivant, concerné par les enjeux contemporains et porté par des créateurs aussi talentueux qu'avides de partager leur travail. Soucieux de prolonger les échanges, le festival propose aussi des temps de rencontres (avec l'équipe des Démêlées) après les spectacles et des tables rondes (autour de l'invisibilité des femmes et du gaslighting notamment). Une 22ème édition toujours engagée et plus engageante que jamais.

Publié le 27/05/2024 Auteur : Guillaume B.

Latitudes contemporaines du 7 au 28 juin à Lille, Loos et Roubaix. latitudescontemporaines.com