théâtre

Sera-tu là?

Sera-tu là? (2020)
Et si l’on commençait par la fin pour pouvoir, qui sait, mieux la supporter ? À partir de ce point de départ loufoque, le comédien Solal Bouloudnine compose un spectacle où l’humour décalé n’oblitère pas la gravité.

C’est en 1992, lors du décès de Michel Berger, que Solal Bouloudnine, alors âgé de six ans, onze mois et vingt jours, prend conscience de la mort. Balançant entre le tragique et la blague, l’anecdote donne le ton de Seras‑tu là ? Dans cette autofiction imaginée avec Maxime Mikolajczak et Olivier Veillon, le comédien, précédemment interprète pour la trilogie Des territoires… de Baptiste Amann, compose un seul en scène réjouissant. Les mondes et histoires s’y entrechoquent : Michel Berger et France Gall rencontrent son père et sa mère, tandis que le récit des premiers déboires amoureux du comédien succèdent à une tentative d’évaluation de la cote de la Renault 21 à l’argus en 2033. En nous baladant entre les différents registres de la ­comédie, du stand‑up à des formes plus classiques, Solal Bouloudnine prouve que le comique n’est pas un genre mineur – pas plus que la chanson de variété, d’ailleurs. Au fil des séquences, des interrogations plus graves affleurent derrière l’impertinence et l’absurde. Le rire se révèle alors le plus puissant moyen de conjurer l’angoisse de la mort et de la solitude.

Publié le 31/08/2020


Mots clés : #humour #musique