théâtre

Mudith Monroevitz,

Mudith Monroevitz,  (2020)
Comment accepter de ressembler à Barbara Streisand quand on voudrait être Marilyn Monroe ? Mudith Monroevitz tente de résoudre cette équation glamour et grotesque en campant la réincarnation ashkénaze de l’icône platine des Hommes préfèrent les blondes et de Bus Stop.

Un tel challenge ne peut que confronter le strass de ses illusions aux cruels déboires d’une réalité qui se rappelle régulièrement à elle…Et comment faire ensuite si on découvre, au cours d’une nuit improbable, qu’on n’est peut-être pas aussi juive qu’on le croyait ?

Mudith Monroevitz parle cash, assume de jouer de ses charmes et ne cache rien du pathétique hilarant où l’entraîne son rêve d’être une starlette dans un monde qui n’a plus aucune innocence. Un spectacle revigorant, qui parle avec impertinence d’identité, mais aussi de la place des femmes dans le monde du spectacle où le désir reste un élément moteur.

 « Mudith Monroevitz est née de ma volonté de faire rire et de ma quête très personnelle d’identité. Le mélange de mes origines « mi-juive mi-raisin », la quête de soi en tant qu’actrice et en tant que femme de 35 ans sans enfants, tout ceci constitue le noyau d’écriture de Mudith Monroevitz.
Le fil conducteur du spectacle, c’est le rendez-vous de Mudith avec Marcus, l’acteur « avec un césar du meilleur second rôle sur une étagère », qui va l’entraîner du restaurant à son appartement. L’évolution de leur soirée va ponctuer le spectacle, construit comme un véritable voyage initiatique nocturne pour Mudith. Depuis l’appartement de son rendez-vous du soir, elle va devoir affronter « le monstre », au propre comme au figuré, pour se révéler à elle-même et s’accepter pleinement, enfin.
Au cours du spectacle, le spectateur découvre non seulement Mudith, mais également sa mère, Marcus, et une multitude d’autres personnages à travers de rocambolesques situations. Pendant une heure dix, Mudith ouvre les poupées russes qui la constituent, pour en trouver chaque fois une autre, plus précisément dessinée, de plus en plus petite, jusqu’à pouvoir rentrer... dans son propre nez et trouver enfin l’ultime réponse à ses questions et accepter sa véritable identité.
Dans le spectacle, plusieurs aspects de la femme se confrontent : le fantasme d’une féminité glamour hollywoodienne et la réalité d’une femme de 35 ans, ancrée dans son époque, qui jongle avec ses névroses et ses maladresses mais qui n’hésite pas à exprimer haut et fort ses envies à son amant. Mudith, c’est l’histoire d’une femme qui se libère et s’accepte telle qu’elle est : parfaite dans ses imperfections.
A l’instar des deux grandes sources d’inspiration et d’admiration que sont Blanche Gardin et Louis CK, qui n’hésitent pas à « convoquer l’affreux » dans leurs créations, j’ai voulu faire de Mudith un personnage sans filtre, qui n’hésite pas à interroger avec sincérité la part la plus tabou et triviale d’elle-même pour trouver des réponses.  »
Judith Margolin

 

Publié le 22/09/2020


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