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Fête de l'estampe : SUJETS LIBRES

Fête de l'estampe : SUJETS LIBRES (2018)
Le collectif de graveur de Colophon & Filigrane, atelier d'édition de livre d'art, a édité un portfolio, Sujets libres, de 9 gravures et un poème et le présente pour la 6ème fête de l'Estampe Fédération Manifestampe, Focus #9. Les auteurs présents expliquent les techniques au public, avec les matrices. Un exemplaire est destiné à la BNF.

SUJETS LIBRES Parole donnée aux neuf graveurs pour la sixième fête de l’estampe


La diversité créative et la diversité d’expressions au sein de l’atelier ont amené tout naturellement au sujet SUJETS LIBRES pour ce Portfolio 20 X 20 cm, 9 gravures techniques mixtes et un poème de Géry Lamarre, typographie poème titre et colophon au Plomb Police Caravelle. Etui carton gris ruban noir. Edité en 11 exemplaires, 9 exemplaires de chapelle, un revenant à chacun des neuf graveurs, un pour le fond de l’atelier, un pour dépôt légal à la BNF.
 
 Lucien Dujardin, papyrogravure :  "Ce que j'aime particulièrement dans les techniques d'estampe, c'est la possibilité de série, la possibilité d'avoir une trace du cheminement de la pensée à travers des états, des encrages différents, dans différentes couleurs sur des papiers variés ou bien encore à partir du morcellement des matrices et de la recomposition des fragments. Pour cette raison j'aime bien réaliser soit des matrices en papier à la manière d'Anton Prinner soit des matrices obtenues par gaufrage. Le rhénalon et le Tétra Pack m'offrent les mêmes possibilités de découpe / assemblage pour la pointe sèche. " http://ldujardi.blog.lemonde.fr/


Géry Lamarre, eau-forte : " En tant que peintre, la découverte des techniques de gravure m'a permis, outre le travail sur la gravure elle-même, de transformer et faire évoluer mes procédés de peintre. " http://www.gerylamarre.com/

Anne Locmant, tetragravure sur papier recyclé : " Dans une démarche écoresponsable, je valorise les matériaux pauvres et de récupération. Prendre au rebut, en faire quelque chose de positif. J’ai souhaité apprendre la gravure pour utiliser le papier que je fabrique. La trace, graver, gratter, cela demande une pression physique puis viennent le plaisir et l’émotion, présents à la découverte du résultat. Aller à l’épuisement d’un sujet puis passer à autre chose, graver est aussi restituer l’histoire d’une vie. " 


Regis Nory, linogravure :  " Passionné par le dessin je me suis mis à la gravure naturellement. J'aime restituer des atmosphères. Ayant pratiqué la photographie argentique, je retrouve le pouvoir évocateur du grain photographique. Ce qui me plaît dans la gravure, c'est le champ vaste des possibles. " http://www.regisnory.fr/

Joelle Plaçais xylogravure : " C’est la linogravure que j'ai découvert en premier grâce à une matinée avec le Cléa. L’année suivante mes collègues m’ont offert des cours de gravure comme cadeau de départ en retraite. A l'atelier Colophon & Filigrane j'ai pratiqué la pointe sèche, les différents supports : zinc cuivre rhénalon. J'aime aussi bien graver que l'émotion de découvrir la trace de l'encre sur le papier. Je pratique tout cela en détente ! »


 Xavier Seynhaeve, linogravure :  " La gravure porte en moi un mot très fort ; le pouvoir de découvrir, de créer. Connaitre des mots, des gestes techniques. Composer un travail artistique qui passe suite à maintes préparations de l’ombre à la lumière. La gravure me permet de transmettre des moments de mystère, d’attente, de bonheur à partager. "

 Christine Vandrisse, gaufrage pointe sèche inclusion de peinture à l’huile : " Par mon travail protéiforme, je revendique le droit d’être multiple et j’imprime de plus en plus de manière sérielle. Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. La presse devient en elle-même un outil de création. Ma préoccupation essentielle est le rapport à l’espace, l’espace de la matrice, l’espace de la feuille, l’espace du livre…où je me situe, la place de l’humain. Comment et pourquoi imprimer, pourquoi utiliser des techniques anciennes et comment leur donner sens aujourd’hui ? Graver juste n’est pas juste graver. L’estampe est irréductible à l’image. 

https://www.facebook.com/les.editions.d.emerence/

Magali Vandrisse, pointe sèche sur volume plié : " Graver pour garder en mémoire, fixer l’éphémère. Altération du temps, altérité d’une estampe à l’autre. Pour que d’une technique du multiple chaque tirage soit unique. Sérendipité de l’érosion, se laisser surprendre par le hasard. C’est accepter le chemin qui s’ouvre. J’ai découvert la gravure il y a 15 ans, lors de mes études à l’université d’arts plastiques. J’y reviens aujourd’hui, fascinée par la richesse des techniques, ouvrant à tous les possibles dans le détournement, les expériences. D’un outil permettant de reproduire à l’identique avant l’invention de la photographie, je fais l’acteur principal de l’aléatoire, induit mais jamais prévisible, comme une métaphore de la vanité. "

 Marie Vilain, pointe sèche sur rhénalon : " Graver en solitaire, graver en collectif, avec contraintes et libertés, profondeur et légèreté, S'amuser à rêver les réalités. Comme la vie, la gravure m'apporte surprises, accidents, erreurs, déceptions, bonheurs, respirations, observer, scruter, s'adapter, recommencer, creuser son sillon, y trouver un plaisir unique et toujours différent. "

 

Situation et historique 


L’atelier Colophon & Filigrane est installé depuis 2006 dans un local de 80 m² mis à disposition par la ville de Wasquehal. Il est situé sur le boulevard qui relie Lille à Roubaix, très accessible grâce au métro et au tramway.
Il a été créé par des relieurs d’art et s’appelait à l’origine La Porte Latine en hommage à Saint Jean Porte Latine patron des imprimeurs. Carole Beugniet fut la première professeure de gravure. En 2010 lui a succédé Christine Vandrisse qui depuis dirige l’atelier. Sous son impulsion la typographie au plomb est venue enrichir l’offre autour du livre. Les relieurs sont toujours présents autour de Malvina Agache. L’association qui compte une quarantaine d’adhérents a été renommée Colophon & Filigrane. L’esperluette (&) symbolise le lien entre les différents ateliers autour du livre d’art, le Colophon pour l’achevé d’imprimer et le Filigrane pour la marque du papier ce qui nous relie, l’ensemble sous l’identité typographique de la police Bauhaus 93, en référence à l’école d’art allemande fondée en 1919 à Weimar par Walter Gropius.
L’association a pour objet outre l’apprentissage des techniques autour du livre d’art, de proposer des visites, des conférences, de faire découvrir des réalisations artistiques et rencontres avec leurs auteurs.
L’atelier est équipé d’une presse taille douce Gary Thibeau format raisin, de plusieurs presses pour la reliure, d’une grande cisaille et presse à grecquer, d’une presse à essai typographique, d’une cinquantaine de casse typographiques pour la majorité Caravelle du Corps 8 au Corps 36, d’un lingotier. Le matériel appartient à l’association à l’exception du matériel typographique qui est prêté par Christine Vandrisse.


Activités


Le groupe de graveurs se retrouve le samedi matin, chacun est libre de venir au rythme qui lui convient chaque semaine, en quinzaine ou plus occasionnellement. Y participer c’est s’engager à partager l’espace, le travail, etc. On y vient pour graver, imprimer, apprendre de nouvelles techniques, faire progresser ses recherches personnelles. C’est un lieu d’échange avant tout où se côtoient graveurs ou artistes confirmés et débutants, autodidactes. C’est ce qui fait la richesse des échanges. L’association accueille occasionnellement des graveurs confirmés en résidence sur dossier et projet d’exposition ou d’édition. L'atelier participe à Lille Art UP Grand Palais, salon international d'art contemporain depuis 2016 et à la Fête de l'Estampe depuis 2014, il organise des tables rondes proposant réflexion sur l'édition d'art et l'avenir du livre.

https://www.fetedelestampe.fr/

https://manifestampe.org/

Publié le 04/05/2018