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théâtre

Building

Building (2022)
Building de Léonore Confino par La Baraque Foraine. Certains pigeons s’écrasent sur les vitres, d'autres roucoulent dans les étages, indifférents au stress général. Building : entre rires et drames, la vie ordinaire en entreprise. Festival de théâtre amateur des pays du nord. Du 13 septembre au 2 octobre dans la métropole.

Le festival :

Festival de théâtre amateur des pays du nord. Du 13 septembre au 2 octobre, ce sont 25 spectacles produits par 20 compagnies dans 9 lieux de la métropole lilloise. Organisé par la Baraque Foraine avec le soutien de la MEL, du département du Nord et des villes étapes du Festival.

Interprètes : Denis Lalande, Dorianne Lanneau, Catherine Deroo, Pascal Giron, Arnaud Fontaine, Sylvain Deroo, Cédric Lazzerini, Laurent Moussu, Élisabeth Dooghe, Hervé Rio

Mise en scène : Xavier de Larochelambert, Sarah Decottignies

Régie : Xavier de Larochelambert, Sarah Decottignies

Décor : Michel Duthoit

Costumes : Élise Dulac, Patricia Rattenni

Conseiller Musique : Ludovic Roycourt

 

LA PIÈCE :

Bienvenue chez Consulting Conseil ! Entrez dans l’un des bâtiments les plus classes de la ville et venez découvrir cette entreprise dont la fonction est de conseiller les conseillers.

 

Laissez-vous embarquer pour une terrible journée de travail. Vous découvrirez tous les potins en traînant du côté de la compta, vous apprendrez à maîtriser et exprimer vos émotions avec le coach, vous assisterez même à l’arrestation d’un dangereux terroriste, pour finir la journée en beauté lors du pot organisé par la direction pour le discours biannuel du PDG.

 

Ici, les brainstormings, le bouclage des dossiers, le recrutement, le démarchage et même le nettoyage des locaux se font sur un rythme endiablé, ponctué d’oiseaux qui viennent s’écraser sur les vitres du building.

 

Les collaborateurs laissent leur vie privée aux vestiaires pour mieux épouser l’uniforme de l’entreprise. Dépossédés de leur identité, mis sous pression du matin au soir, ils témoignent de la tension sourde qui monte irréversiblement tout au long de la journée.

 

Interprètes : Denis Lalande, Dorianne Lanneau, Catherine Deroo, Pascal Giron, Arnaud Fontaine, Sylvain Deroo, Cédric Lazzerini, Laurent Moussu, Élisabeth Dooghe, Hervé Rio

Mise en scène : Xavier de Larochelambert, Sarah Decottignies

Régie : Xavier de Larochelambert, Sarah Decottignies

Création Lumière : Antoine Baretty

Décor : Michel Duthoit

Costumes : Élise Dulac, Patricia Rattenni

Conseiller Musique : Ludovic Roycourt

 

L’AUTEUR :


Actrice et dramaturge franco-suisse, née en 1981, Léonore Confino écrit ses textes à partir de ses propres expériences de vie. Elle rédige Building après des petits boulots d’hôtesse d’accueil et de télémarketeuse pour payer ses études, Ring après un divorce, et Les uns sur les autres pendant une période de maternité.

 

Son écriture vive, acide, virant parfois à l’absurde, pose sur le monde qui nous entoure un regard lucide et provoque chez le spectateur un rire empreint de nervosité qui amène toujours une réflexion plus profonde.

 

INTENTIONS DE MISE EN SCÈNE :

Fidèles aux intentions de l’auteur, nous faisons se confondre premier et deuxième degré : dans cette comédie, ce qui fait rire doit en même temps révéler crûment les travers de l’entreprise.

 

Les collaborateurs portent le même costume, la même perruque, le même maquillage car ils sont interchangeables : ils perdent leur individualité pour rentrer dans le moule de leur société. La pression qu’ils subissent est transmise par un rythme soutenu qui ne cesse de croître d’une scène à l’autre.

Personne n’est épargné, pas même le président qui apparaît de façon récurrente, de plus en plus dégradé comme s’il personnifiait le tempo de cette fuite vers la folie, le grotesque, la perte du sens. L’auteur a choisi de marquer ce crescendo de déliquescence par l’apparition d’un phénomène répétitif et croissant : des oiseaux perdus viennent se crasher et mourir sur les vitres des bureaux éblouis par des reflets trompeurs, comme les employés le sont par le luxe de l’entreprise. Nous avons choisi de garder ce marqueur et de le traduire par des interruptions sonores violentes, aussi violentes que le face-à-face de ces personnages avec leur propre vacuité.

La dernière scène marque l’apogée. Le rythme est endiablé, les personnages se lâchent ou se perdent, oiseaux et employés se fracassent, le président se désintègre totalement du point de vue psychique.

 

La tonalité globale de la pièce reste l’humour et le rire, à peine grinçant pour qui ne regarde que lui. Car c’est là le génie de l’écriture de Confino : son message, nous l’interprétons comme « mieux vaut en rire » ! Et nous la suivons sur ce terrain, après tout « on peut bien – on doit ! – rire de tout, même des drames ».

Mais nous n’avons pas pour autant oublié le sens, pour finir effrayant, de cette vision de certaines entreprises (allez, on restera optimiste et probablement réaliste en affirmant qu’elles ne sont pas toutes comme cela). En effet, nous avons fait le choix de donner un vrai rôle aux interscènes : celui de nous rappeler la gravité, la pression grandissante, le drame qui parfois se joue dans ces situations humaines et inhumaines à la fois. Mais dans les scènes, fidèles à l’auteur, nous avons pris ces situations comme prétexte d’une bonne partie de rigolade.

 

 

Publié le 12/07/2022