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cinéma

Tout s'est bien passé

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Appelée soudainement par sa sœur, Emmanuèle se rend au chevet de son père qui vient de faire un accident vasculaire cérébral. Frappé de paralysie sur une partie de son corps, celui-ci ne se fait pas à sa nouvelle condition et demande un jour à sa fille de l'aider à mourir. Pour Emmanuèle et Pascale, il faut choisir entre s'ingénier à faire changer leur père d'avis ou se ranger à sa décision et l'accompagner.

Cette histoire vécue, c'est celle d'Emmanuèle Bernheim et de son père, qu'elle a raconté dans le roman du même nom. Régulièrement complice de François Ozon depuis Sous le sable, l'idée de porter ce récit à l'écran n'a cependant germé qu'après la disparition de la romancière. Sophie Marceau lui redonne vie à l'écran avec sobriété. Scrutée par la caméra du cinéaste qui ne quitte jamais ses pas, le film dresse autant son portrait que celui d'une famille frappée par un drame intime et ses conséquences. Jamais racoleur ou militant, Ozon y fait preuve d'une saine retenue, montrant sans orienter le regard, que ce soit en filmant un veillard diminué ou les échanges des deux sœurs. Remarquable pour sa capacité à s'emparer d'un sujet ou d'une époque pour l'éclairer d'un regard singulier, Ozon se révèle très respectueux de la matière originale, trop sans doute pour en donner une vision originale. En brassant des thématiques profondes, le film, au gré d'une réalisation sans éclats, constitue toutefois un récit prenant, notamment parce qu'il n,e se montre jamais partisan.

Publié le 22/09/2021 Auteur : Guillaume B.

Explorant les répercussions plutôt que les mécaniques du suicide assisté, Tout s'est bien passé évite sentimentalisme et voyeurisme excessif au profit d'une retenue bienvenue qui sert efficacement un témoignage fort.

 

Film français de François Ozon avec Sophie Marceau, Géraldine Pailhas, André Dussolier. Durée : 1h52.


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