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théâtre

Le Phénix débroussaille

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Après deux saisons amputées, les propositions foisonnent et l'enjeu consiste souvent à en rendre visible la multiplicité sans rien perdre d'une ambition de programmation. Mission accomplie au Phénix où les disciplines et les propositions s'entrecroisent en une tapisserie d'une exigente diversité.

 

Lisaboa Houbrechts en est un bel exemple qui, avec Bruegel redonne vie à Margot la Folle, toute droit venue d'une toile de Pierre Bruegel l'Ancien, et dont elle convoque sur scène la figure avec l'aide des chanteurs et musiciens locaux d'Harmonia Sacra (28-29/9). Jeanne Lazar, quelques jours plus tard, poursuit son exploration de la société moderne en replongeant avec Vie de Voyou dans l'histoire de Redoine Faïd désireux de mettre sa vie en scène et confronté au regard des journalistes (4 au 7/10). Autre agitateur d'esprits, Roméo Castellucci et son Bros confrontant 25 interprètes non-professionnels vêtus d'un uniforme de policier à des consignes transmises par oreillette sont à découvrir chez les voisins du Manège (14-15/10). Métilde Weyergans et Samuel Hercule, complices de la Cordonnerie relisent ensuite Shakespeare avec Ne pas finir comme Roméo et Juliette en forme de fable surnaturelle à mi-chemin entre théâtre et cinéma (19 au 22/10).

Pour ce premier trimestre, les oreilles ne sont pas en reste de la révélation Suzane et son Toï Toï pétri d'électro et de textes à fleur de peau (7/10) à Stephan Eicher entouré d'un quatuor pour ses Homeless songs (8/10), sans oublier l'inclassable et indéboulonnable Arno et son trezième album Santéboutique (30/10) et jusqu'aux Stranglers, toujours en grande forme après 45 ans de carrière et une rare capacité à s'adapter (29/11). Côté classique, le menu s'avère aussi alléchant. En octobre, Jan Willem de Vriend dirige l'Orchestre National de Lille accompagné une distribution de chanteurs prestigieux pour interpréter l'incontournable Requiem de Mozart et la plus rare Musique funèbre maçonnique (8/10), en novembre, le même orchestre accompagne la mise en scène de Damien Chardonnet-Darmaillacq de Thamos Roi d'Egypte conjugant musique et vidéo pour offrir une nouvelle lecture de l'oeuvre (24/11). Autre collision en décembre : la finesse virtuose d'Emmanuelle Haïm et du Concert d'Astrée rencontre le sens de la scène de Franck Chartier et de Peeping Tom pour une version savoureuse du Didon et Enée de Purcell à découvrir à l'Opéra de Lille (10/12).

Et pour prouver qu'il reste en mouvement, au propre comme au figuré, le Phénix invite à découvrir La ronde de Boris Charmatz -associé à la maison valenciennoise- à Charleroi, empêchée de se faire en public en 2021 et qui convoque chorégraphes et danseurs dans des duos intenses et vibrants d'une énergie communicative. Tout aussi incontournable, 20 danseurs pour XXème siècle parcours essaimant la danse dans les mille recoins d'un bâtiment se partage à l'Opéra de Lille (6/11).

Les temps forts ne manquent pas non plus au rendez-vous, de l'expérience du NEXT Festival qui revient pour ouvrir plus largement encore les horizons artistiques et humains (12/11 au 4/12) à Loustix en Fête (7-8-9/12) et son joli panorama de propositions familiales : Emilie Capliez adapte le Little Nemo de Winsor McCay pour en faire fable musicale, poétique et fertile pour l'imaginaire ; Dadaaa voit Amélie Poirier adopter la créativité iconoclaste du mouvement dada entre marionnettes et regard sur la place des femmes dans le monde de l'art, enfin, Nabil Ouelhadj s'appuie sur les notes d'Arthur H. (et un trampoline) pour mêler l'inattendu et l'amusement dans Ca déménage. Prévoyez de la place, le reste du menu de la saison s'avère tout aussi alléchant.

Publié le 13/09/2021 Auteur : Guillaume B.

Le Phénix, boulevard Harpignies à Valenciennes Tél.27.32.32.32 lephenix.fr


Mots clés : Saison 21-22