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De Raoul Dufy à Hélène Marcoz, l'art malgré tout

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Aux Palais des Beaux-Arts, derrière les portes closes, les œuvres ne dorment pas tout à fait. Si les visiteurs sont absents, les équipes n'en continuent pas moins de travailler. En espérant de tout coeur une réouverture avant la disparition des accrochages du moment.

Ce n'est pas la foule des grands jours. L'accueil ne bruisse pas des habituelles conversations et aucune allée et venue ne trouble le silence presque solennel du musée quasiment désert. Ce jour-là, l'équipe qui entoure Bruno Girveau est presque plus nombreuse que l'assemblée de journalistes. Le désarroi général transparaît vite dans les premiers échanges. Fermé comme tous les autres lieux culturels depuis la fin du mois d'octobre le musée lillois a du s'adapter ces derniers mois à la pandémie et aux décisions gouvernementales mais la frustration de ne pouvoir partager les propositions de l'automne et de l'hiver se fait bien réelle. « Nous avions envisagé pour l'automne une exposition autour des sculptures à toucher. Evidemment, par temps de pandémie, il nous a fallu changer notre fusil d' épaule et en très peu de temps, imaginer une autre proposition » résume le directeur du Palais des Beaux-Arts. Cette proposition, c'est Cordélia Hattori qui l'a imaginée autour des dessins de Raoul Dufy déposés à Lille par le Musée national d'Art moderne. En trois salles évoquant Paris, Londres et New York, l'accrochage permet de découvrir une trentaine d'oeuvres de l'artiste (agrémentée de quelques prêts) éclairant les nombreux talents de Dufy (estampe, céramique, tissus,...) autant que ses inspirations. D'évènements mondains en expositions, de moments folkloriques en grandes avenues éclairées d'enseignes publicitaires, Dufy griffonne et peint ce qu'il a sous les yeux, captant la vie quotidienne comme les moments plus officiels. Chacune de ces œuvres éclairent la technique simple et affûté d'un artiste prompt à saisir ce qu'il observe et capable de représenter aussi bien des obsèques, que la vie mondaine, l'intérieur des premiers studios de télévision ou la démesure des grandes villes américaines. Agrémentant le parcours, toute une série de travaux éclairent aussi les créations de Dufy pour la Fée Electricité, le bar-fumoir du Palais de Chaillot ou les décors d'une pièce de Jean Anouilh jouée à Broadway.

Quelques pas plus loin, c'est l'artiste contemporaine Hélène Marcoz qui est à l'honneur au fil d'un accrochage qui fait suite à trois années de travail avec le commissaire Jean-Marie Dautel et le Palais des Beaux-Arts. Désappointée par la situation, l'artiste, qui bénéficie pour la première fois d'une telle exposition dans un grand musée présente décline une perspective cherchant à capter le mouvement dans une image fixe à proposer un contrepoint à des œuvres classiques et à parcourir des cartes urbaines en souvenirs. Le regard d'Hélène, incite à traverser les salles du musée (du sous-sol aux étages), à découvrir les œuvres de l'artiste aux côtés de l'accrochage permanent du musée. Que ce soit le mouvement d'un drapeau, un bouquet qui se fane, le glissement des rayons du soleil sur l'architecture de bâtiments froids, le mouvement de la mer ou la découverte de cartes urbaines grattées uniquement où l'artiste est passé, Hélène Marcoz jette un œil à la fois amusé et affûté sur le glissement du temps dans les mémoires. Son hommage aux peintures classiques, entre transparence et relecture dessine un autre rapport à l'art... comme tout le reste d'un parcours qu'il serait dommage de ne pas pouvoir découvrir, et partager.

Publié le 19/03/2021 Auteur : Guillaume B.

Raoul Dufy, Londres – Paris – New York

Le regard d'Hélène

Palais des Beaux-Arts de Lille, place de la république.

Jusqu'au 17 mai 2021

www.pba-lille.fr