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Roger-Edgar Gillet (1924 - 2004) : Exercices de survie

Roger-Edgar Gillet (1924 - 2004) : Exercices de survie (2017)
Exposition temporaire consacrée à l'oeuvre graphique de Roger-Edgar Gillet (1924 - 2004)

En 2010, le musée du Mont-de-Piété de Bergues recevait le fonds d’archives du poète berguois Emmanuel Looten  (1908 – 1974) soit trois grandes cantines métalliques emplies de manuscrits, de correspondance, de documents divers. Parmi ces derniers, un carton d’invitation d’une exposition regroupant en avril 1953 à la galerie Marcel Evrard à Lille  Emmanuel Looten, Roger-Edgar Gillet et Georges Mathieu. On trouvait notamment dans cette exposition la plaquette-objet de Meurtre sacral, poème de Looten illustré par Gillet. En 2011, Philippe Looten, neveu du rhapsode berguois, faisait don de cette même plaquette au musée. Cette dernière donation est à l’origine de cette exposition.  Elle vise à faire découvrir, principalement par le biais des arts graphiques, les artistes ayant collaboré avec Emmanuel Looten ou ayant été en relation avec lui. On citera, outre Gillet et Mathieu, Lucio Fontana, Camille Bryen, Karel Appel, Jean Piaubert, Jean-Pierre Lauquin ou encore plus localement Arthur Van Hecke.

 

Roger Edgar Gillet (1924 -2004), Exercices de survie

 

Après des études à l’école Boulle, puis aux Arts décoratifs, R.E Gillet se lance dans l’aventure de l’art abstrait. D’emblée, il participe aux grandes expositions organisées par le critique Michel Tapié (Un art autre, Signifiants de l’informel, Individualité d’aujourd’hui…). Sa peinture, d’essence informelle, mêlent divers médias. Il expose avec Mathieu, Soulages, Hartung, Bryen, Estève, Poliakoff… En 1954, il reçoit le prestigieux Prix Fénéon (Aragon, Fautrier et Paulhan sont dans le jury) puis l’année suivante le Prix Catherwood qui lui permet de séjourner longuement à New-York. En 1956, Gillet débute sa collaboration avec le célèbre galeriste Jean Pollack. Au début des années 60, la figuration apparaît dans son œuvre, sa palette conserve cependant les mêmes tonalités et sa touche la même fougue. Les formes nouvellement créées suggèrent des insectes ou des personnages en gestation. Puis, la présence de personnage s’affirme puis s’impose définitivement. Dès lors, le fantastique occupe une place de choix. Il y a dans sa peinture comme un goût de fêtes tragique. Il porte sur la société un regard grinçant et comique. Il y a une forme de communion avec de communion avec le groupe COBRA même si Gillet demeure un farouche indépendant. Toute sa peinture, toujours très en matière, s’accorde finalement du maléfique, de la peur qui étreint ses personnages. Il en résulte une tension qui fait œuvre.

Publié le 06/06/2017