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Deux siècles de faïences et de porcelaines de Namur

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L'exposition Terres confluentes retrace l'histoire de la manufacture de faïences et porcelaines de Namur aux XVIIIe et XIXe siècles, un sujet de spécialiste plus accessible qu'il n'y paraît.

 

Le projet est né de l'immense travail mené par un couple de chercheurs amateurs et indépendants sur la manufacture. Durant plusieurs années, Dominique et Karin Marcoux se sont plongés dans les sources afin de documenter le travail de la manufacture et de lui réattribuer de manière fiable des dizaines de pièces. Ainsi, l'exposition est le fruit d'une collaboration entre ces passionnés et Ludovic Recchia, conservateur au musée de Mariemont et au Centre Keramis de La Louvière. La rétrospective se déploie d'ailleurs conjointement au sein de ces deux institutions, dans un souci de comparaison des pièces namuroises, avec les collections de faïences et de porcelaines de Tournai d'une part, et avec la production des frères Boch d'autre part.

 

Le parcours, chronologique, illustre la fondation d'un atelier isolé, qui prend ensuite le pas de l'industrialisation, jusqu'à atteindre son apogée puis disparaître à la fin du XIXe siècle. A Namur, où une tradition de poterie émerge dès le XVIIe siècle, plusieurs tentatives d'ouverture d'une manufacture échouent successivement. C'est finalement en 1773 que Nicolas Claudel fonde, à Saint-Servais, dans la banlieue de Namur, un atelier de faïence fine, qui devient Manufacture royale en 1781, lançant ainsi l'aventure de la céramique namuroise. Au fil du temps, plusieurs familles se succèderont à sa tête. La manufacture de Saint-Servais se caractérise par une production régionale de qualité, qui illustre les influences qui pouvaient exister entre les différents sites de fabrication. Au XIXe siècle, pour continuer à exister, la manufacture emprunte un tournant industriel en mécanisant sa production. Cependant, elle innove peu dans les formes de ses pièces et continue à faire peindre les décors à la main, au lieu de les réaliser par transferts. Peu à peu elle ne parvient plus à résister à la concurrence et abandonne la faïence au profit de la porcelaine en 1852. Sort alors des fours de Namur une quantité abondante de services, de vases, d'objets religieux... vendus en Belgique, en France et en Grande-Bretagne, jusqu'à la fermeture de la manufacture en 1894.

 

Les visiteurs peuvent approfondir la visite grâce à un petit guide très complet. Et qui sait, certains reconnaîtront peut-être le bibelot qui trônait sur le buffet de leurs grands-parents.

 

Publié le 20/12/2017

 

Terres confluentes, du 11 novembre 2017 au 18 février 2018

 

Musée royal de Mariemont, 100 chaussée de Mariemont, Morlanwelz, 5€

 

00 32 64 21 21 93 - info@musee-mariemont.be - www.musee-mariemont.be

 

Keramis, 1 place des Fours Bouteilles, La Louvière, 7€

 

00 32 64 23 60 70 info@keramis.be www.keramis.be